Terres d'Héosfen,Montagnes du damné ; 6ème jour du 3ème cycle 533 aire de renaissance.


-"Hâtons nous mes amis, notre route est encore longue ! s'écria Andariel réveillant ses compagnons qui peinaient à ouvrir les yeux. Il nous est nécessaire de laisser nos montures ici. Le chemin que nous devons emprunter est trop étroit pour eux. N'ayez crainte seigneur Hiimoran, je sais que chez vous les chevaux tiennent une place cher à votre c½ur, autant que pour nous les elfes. Mon fidèle Téclis les ramènera à Tùlobor. »
Après avoir détaché sa monture non sans regret, Hiimoran regarda son fidèle destrier s'enfuir, suivant aveuglement le fidèle Téclis.
Les trois compagnons se remirent en route, chargés désormais de tous les biens qu'ils avaient emporté. Ils progressaient à travers la grotte, désormais éclairée par la seule lueur des stalactiques omniprésentes à chaque recoins. Hiimoran restait toujours silencieux, trop occupé à trouver le moyen de faire cesser l'effroyable douleur que lui causait son armure, cisaillant à chaque pas la chaire de son épaule. Pendant ce temps, Mécayar et Andariel débattaient de la génalogie des nains, qui, selon Mécayar, descendraient directement des titans.
« -Ecoutez ! s'écria soudain Hiimoran. Il y a une chute d'eau !
-Ah, nous y voilà enfin, répondit Andariel tout sourire, ce sont les chutes de Gamanon. »
Ils continuèrent à avancer jusqu'à la sortie de la grotte, guidés par une lumière presque aveuglante. Là, une étroite corniche contournait le petit lac dans lequel se déversaient dans un bruit presque mélodique les chutes d'eau. L'étendue était d'un bleu cristallin et la verdure égayait harmonieusement le cours d'eau dont les quelques remous s'échouaient non loin de là, berçant les herbes de leur puissance disparue.
C'est à cet endroit que les trois compagnons décidèrent de se reposer quelques instants.
« -Voilà enfin du repos bien mérité ! s'écria Mécayar tout en s'affalant dans l'herbe.
« -Je n'aime pas cet endroit, rétorqua sobrement Andariel.
-Et pourquoi donc dame Elfe ? Tout y est paisible ! Nous assistons à un magnifique couché de soleil, l'eau est clair et l'herbe grasse !
-Le problème, maitre nain, c'est qu'il n'y a personne ici, pas même un simple oiseau ne s'est aventuré en ces lieux pourtant si paisibles, répondit froidement Hiimoran.
-Restons sur nos gardes, prenons juste un peu de repos et partons, ajouta Andariel.
-Où se trouve Aeran ? demanda Mécayar tout en buvant l'eau du lac à grosses lampées.
-Plus au nord, rétorqua la jeune elfe qui s'était à présent levée, bandant son arc qu'elle pointait vers l'eau.
Soudain l'eau si claire et paisible se mit à changer de teinte. De la boue remontait des profondeurs du lac, transformant le havre de paix en marais puant suintant la peur et l'effroie.
« -Allons nous en ! s'écria Hiimoran. Nous n'avons que trop trainé en ces lieux. Andariel, venez !
Mais l'elfe ne répondait pas. Son regard était à présent devenu livide et celle-ci ne semblait même plus maitre de ses mouvements. Elle s'avançait à présent dans l'eau boueuse et agitée du lac, ne se souciant guère des cris que lançait Hiimoran et Mécayar, accourants désormais vers elle.
A l'instant ou Hiimoran allait lui saisir le bras, elle fut comme araché vers les profondeurs.
« -Restez là maitre nain ! je vais la chercher.
-Non ! s'écria Mécayar dont le sourire habituel avait laissé place à un air grave et déterminé. Votre armure vous ferait sombrer avec dame Andariel. »
Les deux compagnons assistaient impuissants à la scène, regardants disparaître le corps de la jeune elfe dans la noirceur des flots désormais déchaînés.
« -Aidez-moi ! aidez-moi !
-C'est la voix d'Andariel ! s'écria Hiimoran.
-On dirait qu'elle provient de derrière la cascade, venez seigneur ! Il doit y avoir une caverne de l'autre côté des trombes d'eau. »
Les deux compagnons se jettèrent aveuglément sous les chutes sans perdre un instant. Ils débouchèrent comme ils l'avaient prévu dans une étroite caverne dont on ne pouvait apercevoir les murs tant la lumière faisait défaut. Ils progréssèrent à tatons pendant ce qui leur sembla être trois journées complètes, toujours guidés par les cris d'Andariel qui se faisaient cependant plus rares. Néanmoins, l'idée que cette dernière était encore en vie donnait aux deux compagnons la force d'avancer dans le noir le plus complet. Leur peau était mise à rude épreuve, subissant à chaque pas le contact avec les roches, aussi aiguisées que des couteaux, mais également l'acier de leur armure qui leur sicaillait les muscles. Ils arrivèrent finalement dans une partie de la grotte éclairée par des stalactites, donnant à cet endroit aussi immense que triste, une certaine sensation de chaleur.

# Posté le samedi 01 septembre 2007 14:45

terres d'Héosfen; 6ème jour du 3ème cycle 533 aire de Renaissance

Hiimoran et Mécayar progressaient à présent le dos courbé, leur épées toujours prêtes à être dégainées, tentants désespérément de trouver un chemin qui les amènerai à Andariel.
Ils arrivèrent près d'une grande pierre poli dont émanait une lumière verte éblouissante. Sur le dessus étient inscrites des lettres dont Mécayar et Hiimoran ne connaisaient pas l'existence. De plus celles-ci semblaient avoir subies la fureur du temps qui les avaient semble t-il quelque peu effacées.
« -Je ne connais pas cette langue, dit Hiimoran, brisant ainsi le silence pesant qui règnait dans la grotte.
-Je ne puis vous venir en aide, même la matière dans laquelle sont gravées ces inscriptions m'est inconnue.
-Nous ne pouvons aller plus loin, il n'y a aucun passage. »
Soudain, le corps d'Andariel fût projeté à travers la grotte, s'écrasant sur le sol dans un bruit sourd. L'eau presque invisible au centre de la grotte se mit à bouilloner, et la tête d'un énorme serpent jaillie dans un rugissement terrible. Ses crochets étaient de la taille d'un éléphant et étaient aiguisés à tel point qu'ils auraient pu trancher n'importe quel être vivant en deux. Ses yeux, surplombants son immense gueule, était d'un vert émeraude, parsemés de vaissaux rougeoyants telles des braises. Ses écailles étaient couvertes de boue et recouvraient tout son corps. Une petite colerette d'écailles superposaient d'autres plus petites, et les deux compagnons ne mirent pas longtemps à découvrirent ce à quoi elles étaient destinées. Avant même qu'ils aient pu dégainer leurs épées, les écailles se raidirent et une volée de petites pointes aiguisées tels des dagues furent projetées sur eux. D'un geste vif, Mécayar réussit à se plaquer contre le sol rocheux pour éviter les projectiles. Cependant, Hiimoran, fut empalé sur le flanc et fut projeté à traver la grotte. N'ayant pas le temps de se relever, Mécayar reçu un coup de queue qui le projetta à son tour. Son corps s'écrasa lourdement sur le sol .Sa jambe s'empala sur une des roches, et son épée se brisa sous la force du choc. Dans un hurlement de douleur, Mécayar parvint à dégager sa jambe ensanglantée. En se retournant sur le flanc, il découvrit avec stupeur le corps inerte d'Andariel. Après avoir saisi l'épée de la malheureuse, il fit volte-face, mais le serpent se trouvait déjà devant lui, le fixant de ses grands yeux verts. Il le fixa à son tour, mais à son grand étonnement, il ne ressentait plus la douleur lancinante qui lui martelait la jambe. Il ressentait à présent une sorte de plénitude intérieure, ne ressentant plus rien, ne discernant plus la réalité. Plus aucun, son ne parvenait à ses oreilles et la peur qu'il ressentait s'était à présent évaporée.
Une petite voix retentissait à l'intérieure de sa tête... ressaisis toi !... relève toi !...Préserve l'honneur des nains !... tue le !. Avant même qu'il n'eu compris que la voix qu'il entendait n'était autre que la sienne, un cri strident le ramena à la réalité. Il était là, sa jambe ensanglantée, tenant fermement l'épée d'Andariel dans sa main. Il vit le serpent devant lui, se tortillant telle une dance macabre. Ses yeux avaient été crevés par deux dagues, répandant le sang rouge vif du serpent le long de sa gueule. L'immonde créature fini par s'écrouler, et un homme vêtu de noir apparu de derrière la dépouille.
« -Ne vous inquiétez plus, seigneur nain, je vais m'occuper de vous. »
Ne pouvant plus supporter la douleur, Mécayar s'évanouit dans le silence désormais paisible de la grotte.

# Posté le mardi 16 octobre 2007 14:00

Forêt des oubliés ; 12ème jour du 3ème cycle, 533 aire de Renaissance

Les bruits de pas brisaient le silence lourd et pesant de la forêt. Le magicien noir chevauchait à travers les bois accompagné d'une horde d'orcs. Sa mine calme et son regard confiant contrastait avec celles des orcs, totalement angoissés. Ces derniers étaient équipés d'une armure poisseuse, mais qui était cependant d'un acier très pur, tout du moins assez pour subir nombre d'assauts. Accompagnés du claquement des branches d'arbres sur la pointe qui siégeait au sommet de leur haume, poussés par une soif insasiable de prouver leur valeur, ils marchaient d'un pas désorganisé tels des brebis s'en allant à la mort.
« -C'est trop calme monseigneur ! Ne trouvez-vous pas cela étrange ? cracha l'orc qui semblait être le chef de la horde. »
Sahénör ne répondait pas et restait impassible.
« -Il est normal que le silence de cette forêt m'inquiète. Mes abrutis de frères orcs sont encore plus effrayés. Comment voulez-vous mener une bataille alors qu'aucun de nos bataillons n'a encore réussit à traverser cette forêt ?
-Il suffit! Tes lamentations me fatiguent ! Fais ce pourquoi tu es venu et tais toi ! rétorqua fermement le mage noir. »
Après s'être courbé disgracieusement, l'orc reprit la tête du convoi. Après avoir marché toute la matinée, la horde se regroupa dans une clairière près d'une petite rivière. Le magicien amena son destrier jusqu'au cours d'eau afin de l'abreuver. Celui-ci était enveloppé d'un nuage de feu, faisant ressortir chaque muscle de son énorme corps. Seuls ses yeux jaunes ambrés se reflétaient dans l'eau, à tel point que l'on aurait pu douter de son existence. Soudain, une volée de flèches vint heurter les orcs de plein fouet. Certains agonisaient dans des hurlements de douleur, leur crâne ayants été transpercés par les projectiles, tandis que d'autres retiraient avec rage ceux qui s'étaient plantés dans leurs jambes. Les orcs se regroupèrent en cercle au milieu de la clairière, leurs boucliers faisant face à un ennemi invisible. Sahénör restait dans un coin de la clairière, immobile, repoussant chaque flèches par un nuage de feu qui entourait tout son corps. Soudain, des cris de guerre retentissèrent dans toute la forêt et on vit apparaître de toute part des hommes vêtu de simple capes et munis pour la plupart d'épées. Tel un flot d'hommes se déversants sur les survivants, les hommes jaillissaient de nul part ; de l'herbe se soulevait et des dixaines d'hommes en sortaient. Certains déferlaient des branches des vieux chênes dans lesquels ils s'étaient tapis, attendants le moment fatidique de cette funeste embuscade.
« -Extradera mégnorium ! s'écria le magicien noir. »
Le cheval qui s'était quelque peu affolé, surpris par l'assaut, fut tout à coup entouré d'un nuage de fumée noir qui le dissimula pendant quelques instants. Alors que l'armée fondait sur les derniers orcs, Sahénör se précipita dans la noirceur dans laquelle il avait enfermé son destrier. A la grande surprise des assailants, le nuage fut dissipé par les gigantesques ailes d'un dragon noir, nimbé de braises. Dans un cri de rage, le magicien prit la fuite, aggripé à présent à ce que fut jadis sa monture légendaire.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 13:37